Vendredi prochain, le 27 janvier, à 20h, à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, le quatuor Bozzini et le comédien Simon-Pierre Lambert créeront Thomas devant la fontaine éteinte. Pour donner une idée de ce dont il s’agit, voici la note de programme :
Thomas est un homme fragile. D’autant plus fragile que sa femme, atteinte d’un rhume de tristesse, vient de le mettre à la porte. Il se retrouve seul, dans un appartement à moitié vide du centre-ville. Sur la place, devant son immeuble, se trouve une fontaine.
Thomas devant la fontaine éteinte est, pour moi, une sorte d’ovni. Est-ce une pièce de théâtre ? Oui, sans doute. Est-ce une œuvre musicale ? Certainement. Du théâtre musical ? Je n’en suis pas sûr. J’ai tenté de créer un équilibre entre le texte et la musique, de faire en sorte qu’aucun des deux langages ne prenne le dessus sur l’autre. C’est donc, en ce sens, un projet qui tient du funambulisme. J’ai aussi cherché à ce qu’il n’y ait pas de redites : le texte et la musique devraient être complémentaires, indispensables l’un à l’autre. Plus qu’un décor, le quatuor est une sorte d’extension de la personne de Thomas.
Nous parvenons, en général, à tolérer la banalité du quotidien ; il est difficile de ne pas se demander d’où nous vient cette force. L’étonnante aptitude de notre regard à transformer le monde, à percevoir les choses cachées entre les choses, est sans doute le véritable sujet de cette pièce, comme de l’ensemble de mon travail des dernières années.